RGAA : le guide complet pour rendre un site accessible

Mis à jour en 2026. Lecture : 10 minutes.

Le RGAA fait peur parce qu'on le découvre souvent le jour où un utilisateur, un client, ou la Direction interministérielle du numérique vous signale que votre site n'est pas conforme. Ce guide vous donne les repères pour comprendre ce qui est demandé, mesurer où vous en êtes, et lancer les bons chantiers.

Ce que dit vraiment le RGAA

Le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité est un cadre publié par l'État. Il traduit et opérationnalise les WCAG 2.1 niveau AA pour le contexte français. Concrètement, c'est une grille de 106 critères qu'on peut cocher, chacun associé à des tests précis. Ce n'est pas une opinion : c'est une checklist.

Les grands thèmes couverts : images, cadres, couleurs, multimédia, tableaux, liens, scripts, éléments obligatoires, structuration de l'information, présentation, formulaires, navigation, consultation.

Qui doit se conformer

Si vous n'êtes dans aucune de ces catégories, le RGAA reste la meilleure boussole pour rendre un produit numérique utilisable par tout le monde. C'est aussi un argument commercial de plus en plus demandé dans les appels d'offres privés.

Les 3 chantiers qui couvrent 60 % des problèmes

1. Le contraste des textes

Ratio minimum 4,5:1 pour le texte courant, 3:1 pour les grands titres. Un outil comme le WebAIM Contrast Checker suffit. C'est le chantier avec le meilleur ratio effort / impact utilisateur.

2. La navigation clavier

Tout ce qui se fait à la souris doit se faire à la touche Tab. L'ordre de focus doit suivre la lecture visuelle. Le focus doit être visible (pas deoutline: none sans remplacement).

3. Les alternatives textuelles

Chaque image porteuse d'information doit avoir un attributalt qui décrit son sens, pas sa forme. Les images décoratives portent alt="".

Comment auditer un site

Un audit RGAA se déroule en trois temps. D'abord un cadrage : combien d'écrans uniques, quels composants, quels parcours critiques. Ensuite le test par échantillonnage : 20 à 30 pages représentatives, testées critère par critère. Enfin le rapport : score de conformité (en pourcentage), déclaration d'accessibilité obligatoire, schéma pluriannuel de mise en conformité.

Un audit externe est requis pour publier une déclaration valable. Compter 5 à 15 jours-hommes selon la taille du site. En interne, on peut faire un pré-audit rapide avec des outils comme Axe DevTools, Lighthouse ou le validateur RGAA de la DINUM.

Les erreurs qui coûtent cher

Questions fréquentes

C'est quoi le RGAA, en une phrase ?

Le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité est la traduction française des règles WCAG : 106 critères qui définissent ce qu'un site public doit respecter pour être utilisable par tout le monde, y compris avec un handicap.

Qui est obligé de s'y conformer ?

Les services publics (État, collectivités, hôpitaux, universités), les entreprises publiques, et depuis le European Accessibility Act, une partie du privé : banque, e-commerce, transport, télécoms, dès qu'on dépasse 10 salariés et 2 M€ de CA.

Quelle est la sanction en cas de non-conformité ?

Jusqu'à 50 000 € par service en défaut, renouvelable tous les six mois. Mais la vraie sanction, c'est de perdre des utilisateurs et de se retrouver hors marché sur les appels d'offres publics.

Combien de temps prend un audit RGAA ?

Un audit de conformité RGAA sur un site de taille moyenne prend 5 à 15 jours selon le nombre d'écrans et de composants. Un audit rapide de cadrage se fait en 1 à 2 jours.

Par où commencer si mon site n'est pas accessible ?

Trois priorités : le contraste des textes, la navigation au clavier, et les alternatives textuelles des images. Ces trois chantiers couvrent déjà 60 % des problèmes rencontrés par les utilisateurs.